Nos virées sur l'eau de l'été : le Finistère

Dernière mise à jour : 24 sept. 2021

Allez, j'accepte de me lancer la première, mais à la fin de cet article, je compte vraiment sur vous pour me dire quelle mer, quel océan, quel lac, quelle rivière êtes-vous allés saluer pendant vos vacances cet été.


Contexte : mi-août, été 2021 donc, un soir, alors que nous mangions (encore) des crêpes :

"Nous avons 6 jours devant nous, et si nous y allions ?"


Et bien dès le lendemain, nous y étions ! Où ça ? En terre bretonne pardi !



Ça a l'air simple comme ça, mais entre la prise de décision et la mise à l'eau, il a tout de même fallu sortir le Zodiac de la Marne en utilisant la petite rampe attenante au club de Kayak de Joinville-le-Pont, faire les valises, rouler pendant 6 heures, puis remettre DK (c'est ainsi que nous appelons notre Zodiac immatriculé à Dunkerque) à l'eau, après être passés par la Capitainerie de Bénodet, en nous faufilant tant bien que mal entre les stands de l'immense brocante qui avait justement lieu ce jour là (avec la remorque et le camion, on ne fait pas marcher arrière nous).


Hop, DK est à l'eau, heureux, installé à côté d'un très joli semi-rigide comme lui et entouré par de très beaux voiliers.


Le lendemain, trop de vent, on ne sort pas... mais c'est pour mieux préparer notre périple du lendemain.


Bienvenue au port de Bénodet


Le port de plaisance de Bénodet accueille les plaisanciers avec ses 500 places sur ponton et ses 250 places sur bouée. C'est le point de départ pour des croisières sur l'Odet ainsi que vers les Glénan. En un claquement de doigts, le ptit bac vous promène également jusqu'au port voisin de Sainte-Marine, vraiment charmant (on y accède aussi en empruntant le grandiose pont de Cornouaille, idéalement à vélo).

Notre DK d'amour passe 6 superbes nuits au port de Bénodet (accueil adorable, nous reviendrons !), amarré à un ponton super bien aménagé, accessible et propre. À notre disposition, des caddies pour porter sans trop galérer bidons d'essence et autres trucs indispensables aux plus grands des navigateurs ^^


Ce ponton devient immédiatement le point de départ de sorties en mer toutes plus belles les unes que les autres... Nous restons 6 jours entiers, nous sortons...6 fois.


Allez, on commence par... la remontée de l'Odet.


Durée de la navigation aller-retour : environ 2h15. Le lendemain, nous sommes montés sur le pont de Cornouaille à vélo pour voir ce que ça donne vu de là-haut ! À faire !

Connaissez-vous les rias ? D'origine espagnole, c'est la partie avale d'une vallée pénétrée par la mer (j'ai du relire 10 fois la phrase avant de la comprendre ^^). En Bretagne, une ria, cela s'appelle un aber. Ces cours d'eau sont incroyables car ils permettent de naviguer au beau milieu des terres bretonnes, entre la mer, et la campagne donc. À votre avis, quelle est la plus grande des rias bretonnes ? Et oui, c'est l'Odet :)


Le tirant d'eau n'est pas énorme, Thomas redouble de vigilance (je pense même qu'il stresse un peu lorsque je prends la barre, alors que moi pas duuuu tout, ça passe faciiiile, en plus, nous naviguons en marée montante ^^).


Dès les premières minutes, un paysage majestueux et unique s'offre à nous. On se sent vraiment ailleurs, pas sur la mer mais pas non plus sur une rivière, peut-être plutôt même sur le méandre d'un immense lac canadien. Les racines des arbres locaux construisent une fascinante mangrove, le silence y est roi, la navigation n'est en effet pas dense. Seul le chant des oiseaux nous accompagne...


À chaque instant, nos yeux s'ouvrent en grand, curieux et désireux d'apercevoir ce qui se cache derrière les feuillages encore denses de l'été. En se concentrant, on y découvre des demeures, des châteaux et des parc cachés, perchées, ici et là, au coeur de cette nature unique.


C'est merveilleux, presque féérique, fantastique (Ethan croit même apercevoir le château de Dracula; les légendes y sont d''ailleurs nombreuses...). Avant chaque courbe, notre regard se prépare à un nouvel émerveillement : oh, regarde, voilà le Porz Meillou, à l’anse de Saint Cadou ! Hey, tu as vu, le héron cendré nous montre le chemin !


Nous voici arrivés au bout, à la baie de Kerogan (je pensais l'avoir prise en photo mais non, je crois qu'à ce moment j'étais en train de faire le pitre sur la proue de DK ^^), juste avant l'entrée sur Quimper.


C'est ici que nous faisons demi-tour, même si vous aurions pu remonter encore un peu (il y avait 2m10 de fond, notre tirant d'eau est très faible, nous serions facilement passés mais nous n'étions pas d'humeur). Si la marée et votre tirant d'eau vous le permettent, vous pouvez donc accoster pour une escapade citadine à la découverte de Quimper.


De retour au ponton, nous remercions DK pour cette inoubliable promenade sur l'eau... à travers la campagne bretonne. Il fait bon, nous débutons la soirée par un bain au pied du phare du Coq, nous nous délectons ensuite d'une ou deux ou crêpes puis, un peu plus tard, de très bonnes pizze; la mer, ça creuse ! Et puis, dès le lendemain matin...


...nous prenons la route pour l'archipel des Glénan !

Durée de la navigation aller-retour : environ une après-midi, avec 2 heures de baignade et d'exploration sur place. Évidemment, vous pouvez y passer la journée !


Ce qui frappe toujours, peut-être même plus que ses eaux cristallines et bien c'est... l'orthographe du site: Glénan sans S. Et oui, seule l'école de voile "Les Glénans" (créée en 1947, avec près de 15 000 stagiaires par an sur l'île de Bananec) y appose un S au nom d'une marque commerciale.

Vu du ciel (et même depuis l'eau), on dirait les tropiques : des îles, du sable blanc, des plages recouvertes de brisures de coquillages, une eau claire et fraîche dans laquelle flore et faune marines vivent leurs plus belles années.


C’est également un paradis pour les oiseaux, classé Natura 2000 et un magnifique laboratoire du tourisme durable : des navettes viennent d'ailleurs régulièrement vérifier que les mouillages respectent les petits habitants des lieux !

Pour vous imprégner de l'esprit des Glénan, je ne vais rien écrire d'autre. Je vous invite simplement à prendre le temps de regarder ces quelques photos, cette vidéo ainsi qu'à lire ce bel article proposé par le Télégramme cet été.


Il est l'heure de rentrer, sur Saint Nicolas, la marée est venue chercher DK; tour à tour, les plaisanciers quittent les îles, dans un calme absolu. Au moment de partir, nous saluons cette jeune raie venue vérifier que tout se passait bien ici pour nous. Tout est paisible et le soleil encore haut nous offre déjà sa douce couleur du soir.


Sur le chemin du retour, des dauphins se mettent en chasse, nous avons de la chance, le banc de poissons qu'ils ont choisi pour cible... suit exactement le même cap que nous. Des étincelles envahissent nos yeux et y pétillent encore d'ailleurs depuis.


Je n'ai plus rien à écrire, car le vécu est trop fort pour être retranscrit par écrit. Aussi, prenez le large, partez en mer, sautez dans l'eau, parlez au coquillages. Vivez.

Le bonheur de Ma vie sur l'eau


Pour naviguer un peu plus encore si vous le voulez :







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